la reforme

Religion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Une porte Torii, symbole shintoïste (Japon)
Une porte Torii, symbole shintoïste (Japon)

Le terme religion désigne un ensemble de rites, croyances, règles éthiques ou pratiques, voire de dogmes, adoptés par une société, un groupe ou une personne.
La religion est le plus souvent en rapport avec une notion de divinité ou de réalité transcendante, cependant il existe aussi des religions athées. Toutefois, le terme religion naturelle désigne une doctrine qui s'appuie sur les seules inspirations de la raison et du cœur[1].

Les religions ont toujours occupés un place importante dans la culture des sociétés humaines. Leurs relations réciproques sont bien souvent complexes, voire inextricables.

On désigne souvent par religion les pratiques et rituels d'une communauté sociale. Par extension, certaines pratiques générant des cultes, des adorations et des dogmes, prennent une valeur de religion et entraînent l'usage d'un vocabulaire religieux, par exemple : « le temple du football ».

Sommaire

[masquer]

[modifier] Racines du fait religieux

Le mot « religion » n'a pas d'équivalent précis dans les langues anciennes, hébreu, grec et latin. La notion de religion serait une « invention » des temps modernes, même si le mot apparaît au XIe siècle. La théorisation du phénomène, son étude, sa définition apparaissent avec la Renaissance et les grandes découvertes qui amènent les Européens à s'interroger sur la spécificité du christianisme et sa ressemblance aux autres religions[réf. nécessaire].

[modifier] Étymologie

Représentation monumentale du dieu Shiva.
Représentation monumentale du dieu Shiva.

Le mot religion vient du latin religio, dont le nuage sémantique est très riche : au sens propre scrupule, conscience, engagement, obligation, puis par sens dérivé : crainte des dieux, sentiments religieux, croyances, superstitions, pratiques religieuses; enfin caractère sacré, objet ou chose sainte (ou de culte), signe sacré, sainteté. Le sens latin du terme religio se comprend mieux quand on rappelle que la pratique religieuse romaine publique était très ritualiste, faite de rituels qui devaient être scrupuleusement exécutés, et recommencés depuis le départ en cas d'erreur[réf. nécessaire]. L'étymologie reste cependant incertaine et controversée depuis l'antiquité. On dit volontiers que le mot vient du latin re-ligare, "re-joindre" ou "re-lier", compris généralement comme indiquant la relation de l'humain au divin, mais aussi des humains les uns aux autres, lien à la fois sur le plan de la cohésion sociale et sur celui de l'attachement affectif. Cet étymon est proposé par Lactance et Tertullien, mais il s’agit d’une signification tardive probablement fondée sur la confusion entre religo (de religio, avoir égard à quelque chose) et religo (de ligo, lier)[réf. nécessaire]. Une autre voie est indiquée par Augustin d'Hippone, qui suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, "relire, reprendre", par opposition à neglegentia, "négligence". Chez Cicéron (De natura deorum, II, 10) on trouve religio, "scrupule", qui évoque le respect et la crainte face aux forces surnaturelles et le souci d’être scrupuleux dans l'observation des rites.

En Chine et au Japon, le mot religion est la combinaison de deux sinogrammes :

  • shû (japonais) ou zōng (chinois), désignant à l'origine le temple (, le toit, la maison) d'où vient l'esprit (, monition, influence spirituelle), et par extension un groupe uni par le culte des mêmes ancêtres,
  • kyô (japonais) ou jiào (chinois), signifiant "enseignement", "école"

Le terme shûkyô fut tout d'abord utilisé par les Japonais ; les Chinois l'empruntèrent au tout début du XXe siècle (zōngjiào).

Il évoque la transmission (kyô/jiào) d'un savoir, d'une tradition, de rites, de légendes constituant une sorte de catéchisme, au sein d'un groupe (shû/zōng). Le lien généalogique (lignées maîtres-disciples) qu'implique le sens originel de zōng reste important en Chine, où il joue un rôle plus déterminant que la nature exacte de l'idéologie pour le rattachement à une dénomination religieuse. Dans le Zen japonais également, la généalogie religieuse des maîtres est considérée comme une référence importante pour évaluer l'authenticité et la qualité d'une école[réf. nécessaire].

On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances et des cultures d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.

L'étymologie montre que la religion relie l'homme à la divinité, et à ses racines originelles, et à la société où il évolue. Ces dimensions (ainsi que le rapport à la mort, implicitement présent dans les cultes des Lares) se retrouvent effectivement à l'origine des religions. Historiquement, dans les sociétés primitives, il n'y a pas de séparation entre le sacré et la société elle-même : la société n'a pas « une religion », c'est la nature même de la société qui est religieuse, la religion est coextensive à la société, et toutes les activités de l'homme qui prennent un aspect transcendant.[2]

L'évolution des civilisations a progressivement conduit à laïciser la plupart des activités de l'homme (écriture, art, législation, sexualité…) qui étaient initialement des actes sacrés. Parallèlement, les questions religieuses se sont marginalisées, et tendent à se spécialiser sur la spiritualité. Mais la religion ne se réduit pas nécessairement pour autant à une spiritualité personnelle et privée et elle peut parfois structurer la société ou influer sur les relations entre individus.

[modifier] Foi, sens et croyances

Catrina, un des personnages les plus célèbres du « jour des morts » célébré tous les ans au Mexique.
Catrina, un des personnages les plus célèbres du « jour des morts » célébré tous les ans au Mexique.

Pour les anthropologues, la conscience de la mort est constitutif de l'humanité : le rite funéraire est l'indice qui signale l'émergence d'une certaine forme de culture, mais surtout celle du sentiment religieux, qui permet de distinguer l'humain des autres anthropoïdes[3]. Cependant, les premiers cultes des morts étaient pratiqués par l'homme de Néandertal et non l'homme moderne.

Généralement, les religions cherchent à répondre aux questions essentielles sur le sens de la vie, proposant en particulier des récits mythologiques ou des espérances face à la peur de la mort et à notre ignorance naturelle à propos de l'existence et de l'univers. Elles font presque toutes le récit de la naissance du monde, de la naissance et des actions des dieux dans leurs rapports aux hommes, et évoquent, en des sens variés, l'au-delà, la vie éternelle, la réincarnation, la résurrection, l'immortalité, l'éternité, la fin du monde. Dans les temps modernes, en Occident, à la suite de Descartes, [réf. nécessaire] Auguste Comte élabora de même une sorte de culte des morts. Certains y voient une fuite du réel, une expression de la peur, de l'ignorance et de la superstition. Elle serait l'expression organisée d'un besoin de sens de l'être humain et son désir de comprendre et d'expliquer ce pour quoi aucune explication ne semble se présenter. On parle plus volontiers d'une quête de sens, plus ou moins rationnelle et en tous cas multiforme[précision nécessaire]. L'Homme s'intéresse à la façon dont le monde fonctionne, sur la place qu'il occupe dans celui-ci, sur sa raison d'être.

Dans sa tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques, l'une des expressions intellectuelles de l'homme a été une expression religieuse. L'homme implique souvent une ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Ce chapitre religieux pose les questions du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toutes les forces de la nature sont sacralisées. Les religions sont souvent imprégnées de diverses croyances, qui peuvent apparaître comme des superstitions, ou des comportements irrationnels pour un esprit extérieur se voulant cartésien.

La religion structure également le rapport à l'autre, humain ou non. Une autre problématique dont traite la religion en tant que facteur de cohésion sociale est celle du pur et de l’impur, et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle trace les contours. On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Selon Durkheim, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer et de s'auto-adorer.

Enfin, sur un plan subjectif, les religions sont associées à l'expression d'une "expérience spirituelle" (extase mystique, révélation, éveil) dont on trouve la trace dans la majorité des cultures. Les croyants se fondent sur cette expérience spirituelle pour donner un sens au monde, ou du moins en réfèrent-t-ils au divin pour en saisir le sens (« sens » doit s'entendre dans ses deux significations, à la fois comme herméneutique et comme direction). Ce chapitre de la religion pose la question du rapport à Dieu ou aux dieux.

Icône de détail Articles détaillés : Spiritualité et Surnaturel.

[modifier] Évolution des formes religieuses

[modifier] Anthropologie et formes mythologiques

Représentation du vol du chaman du monde d'en bas au monde d'en haut, d'après les plaques de Perm.
Représentation du vol du chaman du monde d'en bas au monde d'en haut, d'après les plaques de Perm.

En anthropologie, le champ couvert par le terme « religion » doit être défini par les anthropologues eux-mêmes : « Le mot “religion” n'est pas un terme trouvé sur le terrain, c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin. En conséquence, c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise en place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de “langage” et “culture” en linguistique et anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion »[4]. L'analyse historique et scientifique de l'origine des cultes antérieurs à notre ère n'en est devenue que plus spéculative.

Les premières sépultures proprement dites font leur apparition au cours du Moustérien (Paléolithique moyen), il y a environ 100 000 ans [5]. Elles sont liées à l'Homme de Néandertal en Europe et aux premiers humains anatomiquement modernes au Proche Orient comme l'indiquent les découvertes récentes de la grotte de Skhul.

Au Paléolithique supérieur, le développement de l'art sous ses formes pariétale et mobilière permet de s'interroger sur la signification des thématiques traitées en termes de croyances.[6]

Icône de détail Article détaillé : Religion dans la préhistoire.

Les formes religieuses primitives typiques sont l'animisme, le fétichisme, le chamanisme[7]. Ces formes ne constituent pas une religion particulière, on en trouve autant qu'il y a de société qui s'y rattache. Bien que documentées dans la période historique, il n'est pas possible d'assigner une origine historique précise à ces formes de croyance.

Les mythologies remontent souvent à la transition entre préhistoire et période historique, la protohistoire. On peut citer comme exemples de mythologies celles de Sumer, de Babylone, les dieux égyptiens, voire la mythologie grecque

Ces formes perdurent dans les religions ou spiritualité de différentes zones de la planète : chamanisme d'Eurasie (Nord sibérien), religions d'Afrique, d'Amazonie, d'Océanie, d'Amérique, etc. On peut également citer d'autres religions maintenant quasiment disparues, le plus généralement polythéistes, maintenant classées en mythologie ou religions antiques, originaires principalement d'Eurasie, d'Afrique, ou d'Amérique.

On peut penser que les cultes anciens de notre ère prennent leurs racines dans ces cultes préhistoriques et ces mythologies.

Icône de détail Articles détaillés : Mythologie, Chamanisme et Magie (surnaturel).

[modifier] Textes sacrés

Rouleaux de la Torah (exemplaire autrichien des années 1830).
Rouleaux de la Torah (exemplaire autrichien des années 1830).

L'invention de l'écriture ouvre à la fois la période historique, et les premiers grands textes sacrés de l'humanité. C'est cette période qui voit notamment apparaître l'hindouisme, retracé jusque vers 5000 av. J.-C., et ses Veda; le monothéisme, retracé jusqu’à Abraham vers 1850 av. J.-C., le judaïsme, retracé jusqu’à Moïse vers 1250 av. J.-C., avec la Bible.

Il existe deux grands berceaux des religions contemporaines sur Terre, qui ont émergé il y a trois à quatre mille ans :

Le Popol Vuh des Mayas montre que ce mouvement était également présent dans le nouveau monde. Se rattachent également à cette forme les différents livre des morts rencontrés dans diverses civilisations (égyptien, tibétain, maya).

Icône de détail Articles détaillés : Monothéisme, Texte sacré et Religion révélée.

[modifier] Enseignements

Bouddha Amitabha représenté en position d'enseignement (Vitarka-mudrâ).
Bouddha Amitabha représenté en position d'enseignement (Vitarka-mudrâ).

À partir du premier millénaire avant notre ère, l'émergence de la pensée philosophique issue d'un auteur marque un tournant dans la forme des religions: les nouvelles formes se rattachent à l'enseignement personnel d'un maître. On voit ainsi apparaître de cette manière:

… sans compter les grands courants de la pensée philosophique non nécessairement rattachés à l'idée de religieux.

Ces formes de religion ont en commun de fournir une explication à nos grandes questions philosophiques. Elles n'en ont cependant pas l'exclusivité, et ces questions ont été abordées par tous les grands systèmes philosophiques qui émergèrent dans le premier millénaire avant notre ère.

Dans l'Antiquité gréco-romaine, les philosophes abordent les mêmes questions sur

Noter cette page

0/10 sur 0 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 02/08/2008